Danou Charette navigue entre l’artisan et l’entrepreneur en lui

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28 octobre 2019

Depuis tout jeune, Danou Charette est animé par son sens de la créativité. Il a commencé par fabriquer des meubles originaux pour sa chambre puis, quelques années plus tard, il a étudié en animation 3D avec l’idée de démarrer sa propre entreprise. Ce dernier objectif a été atteint, mais en revenant plutôt aux sources, avec le bois!

 

Le jeune artisan de Cantley, devenu homme d’affaires, n’a que 27 ans. Malgré son jeune âge, il a l’aplomb d’un entrepreneur qui sait bien doser l’adrénaline nécessaire à la créativité et la gestion responsable de sa nouvelle entreprise.

« J’ai toujours eu ce côté créatif, admet M. Charette. C’est ce qui m’a amené à m’inscrire au programme en animation 3D à La Cité. Avec mon diplôme en main, j’ai déménagé à Montréal, puis à Québec, pour me trouver un emploi dans ce domaine, mais sans succès. J’ai ensuite suivi une seconde formation en animation 3D à Québec et, avec un ami, nous avons tenté de démarrer notre propre entreprise. Encore là, ça n’a pas fonctionné. »

Cependant, ce qui était une certitude pour Danou Charette c’est qu’il a toujours su qu’il avait en lui la fibre entrepreneuriale. Mais il devait trouver sa voie. De retour en Outaouais, il se rend en Abitibi pour visiter sa belle-famille et il remarque sur la route des ateliers d’ébénistes. Ce fut le déclic!

« Mon père est sculpteur sur bois et j’ai un oncle qui est ébéniste. J’ai aussi réfléchi à mon grand-père qui opérait un moulin à bois sur la terre familiale à Notre-Dame-de-la-Paix. Le bois, c’est une histoire de famille! Avant d’aller plus loin, je devais apprendre de nouvelles techniques pour travailler le bois et, ce faisant, je me suis rendu compte que j’avais du potentiel dans ce domaine et que j’aimais ça. Mon projet d’entreprise s’est alors profilé à l’horizon. »

 

FRAPPER À LA BONNE PORTE

Seul, il peut être ardu de démarrer sa propre entreprise. Heureusement, l’Outaouais fait maintenant figure de leader au Québec pour accompagner les entrepreneurs, petits et grands, à arriver à bon port. C’est ainsi que Danou Charette s’est retrouvé au Cilex, un incubateur et accélérateur de startups à l’Université du Québec en Outaouais. Le Cilex, comme plusieurs autres organismes régionaux, font partie des partenaires de MonGPS.ca dont le mandat est de diriger l’entrepreneur vers le bon organisme ou service pour le guider.

« J’avais une idée, un projet, et je cherchais quelqu’un qui pourrait bien m’aider à m’organiser. Après le Cilex, on m’a dirigé au Carrefour jeunesse emploi de l’Outaouais (CJEO), explique-t-il. En juin 2017, j’ai participé à l’atelier Jeunes Volontaires. Ce programme m’a permis de valider mon idée et d’établir les étapes à suivre, tout en m’offrant des ressources financières pendant ce processus. »

Cynthia Pilote est conseillère en création d’entreprises au CJEO et elle a participé à cet accompagnement à partir de l’étape de démarrage d’entreprises. « Jeunes volontaires est une mesure d’Emploi Québec qui permet d’explorer la possibilité d’une idée que l’on peut avoir, si on peut en faire une entreprise, dit-elle. Il permet aussi de commencer à développer les compétences nécessaires. On peut parler de prédémarrage d’une entreprise. Une fois la mesure complétée, on détermine si le projet d’entreprise tient la route et on poursuit ensuite avec le programme de démarrage d’entreprises. »

Elle est particulièrement fière du cheminement de Danou Charette qui demeure fidèle à son plan de départ qui est d’opérer une entreprise offrant des produits durables avec un souci écologique. « Notre offre est personnalisée et individualisée. Nous sommes là pour les coacher, les écouter et les éclairer. Eux, ils trouvent leur chemin à partir de leurs convictions, leurs valeurs et leurs expériences de vie. Ils créent le changement pour faire la différence dans la société. Et c’est en plein ce que Danou fait, à son image. C’est très stimulant pour nous d’accompagner de jeunes entrepreneurs qui réalisent leurs projets. »

 

DEVENIR ENTREPRENEUR

Le sens des affaires, Danou Charette l’a depuis tout jeune. Il devait le développer et l’adapter à l’entreprise qu’il désirait créer, tout en conservant la nature artisanale de son projet. « Je veux continuer à fabriquer des meubles, pas seulement gérer une entreprise. Je suis un mélange des deux, l’un ne va pas sans l’autre. Je dois toujours être animé par la créativité. De réussir à jumeler ces deux compétences, sans s’y perdre, c’était le défi. »

Son entreprise, enregistrée cette année, se nomme Danou Charette, ébéniste. Mais sa marque de commerce est Danou, un prénom qu’il juge original et accrocheur. Il est un ébéniste écoresponsable qui porte une attention particulière au bois utilisé qui provient en partie de la terre familiale mais également d’arbres coupés dans la région qu’il achète ou qu’on lui donne. Il doit parfois compenser avec du bois déjà coupé, acheté d’entreprises régionales, afin de répondre à la demande.

« J’aime scier mon bois, en faire des planches, les faire sécher, travailler ces planches et fabriquer des meubles, dit-il. C’est une partie de mon entreprise. Je dois aussi prendre les commandes, m’occuper de la publicité, gérer l’entreprise et assurer le service à la clientèle. J’ai aussi deux contractuels qui me donnent un coup de main au besoin. C’est tout ça qui a été développé ces derniers mois. Aujourd’hui, je fais un minimum de salaire et je suis bien content des résultats. Ma clientèle est à la hausse et mes prévisions sont bonnes. Les gens demandent surtout des meubles sur mesure, mais je garde en tête que je veux mettre de l’avant, pour la vente, mes propres collections – j’en ai deux présentement – au cours des prochaines années. »

Ses meubles viennent avec une histoire, comme le choix de l’arbre, son utilisation ou sa création. Pour chaque meuble vendu, un certificat de fabrication est remis contenant le détail des matériaux utilisés et un court texte décrivant le meuble. Une promesse écologique accompagne ce certificat que le propriétaire est invité à signer afin de s’engager à assurer la durabilité du meuble en le restaurant au besoin. Le propriétaire s’engage aussi à transmettre la promesse écologique avec le meuble à un prochain propriétaire.

Cette philosophie d’entreprise de durabilité lui a été inspirée par sa famille. Il partage aujourd’hui le même atelier que son père pour construire ses meubles. Sa relation avec le bois et la forêt lui vient de son grand-père. À l’origine, la terre familiale appartenait au grand-père de sa grand-mère. Après un feu de forêt, son arrière-arrière-grand-père a reboisé la terre. Deux générations plus tard, son grand-père était en mesure d’en récolter le bois. Aujourd’hui, c’est Danou Charette qui prend la relève, sur la nouvelle terre familiale à Cantley, en accordant au bois l’attention nécessaire afin de fabriquer des meubles originaux au caractère durable.

 

L’ÉCOSYSTÈME DE L’ENTREPRENEURIAT

Aujourd’hui, Danou Charette se dit épanoui et heureux. Il a une grande confiance en ses moyens. Il est sur son X, dira-t-il. Son cheminement dans l’écosystème de l’entrepreneuriat en Outaouais, piloté par MonnGPS.ca, lui aura été bénéfique.

« Certains de ces organismes sont méconnus. Par exemple, peu de gens savent que le CJEO possède un volet entrepreneurial, note Geneviève Ouimet, coordonnatrice de MonGPS.ca. Un appel sur trois à Mon GPS est redirigé au CJEO. Il existe plusieurs programmes et organismes en Outaouais et c’est notre rôle de diriger les gens aux bons endroits. Ces organismes ont chacun leurs outils et leurs spécificités afin de permettre de faire grandir un entrepreneur. »

Notons enfin que cette force du réseau a aussi permis à Danou Charette de s’inscrire cette année au Défi OSEntreprendre et d’y remporter une bourse, ajoutant ainsi à la notoriété de sa nouvelle entreprise qui est vouée à un bel avenir!