Un passe-temps se transforme en entreprise pour Daniel Roy

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2 décembre 2019

Il n’y a pas d’âge pour devenir entrepreneur. De fait, c’est la passion qui dicte tout! Daniel Roy, 44 ans, en est un bel exemple. Charpentier-menuisier de profession, il s’est tourné vers l’apiculture comme passe-temps, il y a dix ans. Au fil des apprentissages et des essais et erreurs, il a fondé Miel Daniza à Notre-Dame-de-la-Salette. Une entreprise qui est vouée à un bel avenir.

Daniel Roy admet que tous ses temps libres doivent être meublés. Il ne tient pas en place. « Je dois toujours être occupé », lance-t-il en riant. La piqûre pour les abeilles lui est venue en écoutant La Semaine Verte en 2009. Plus précisément une émission qui traitait de l’apiculture.

« Je suis allé m’acheter deux ruches et un ami m’en a donné quatre autres. Je n’avais aucune connaissance autant en agriculture qu’en apiculture et personne dans ma famille œuvre dans l’un de ces domaines. Mais, j’ai toujours été fasciné par la vie des abeilles et des guêpes. Leur noyau familial est très fort et il n’y a pas de chicane entre elles. »

Au début, sa méconnaissance des abeilles a éveillé en lui des craintes face à ces insectes. Au fil des semaines, il a lu des livres traitant d’apiculture et il s’est mis à construire du matériel apicole, comme des cadres et des boîtes de ruche. « C’était vraiment pour le plaisir, rajoute-t-il. J’y allais d’essais et d’erreurs et j’ai aussi demandé conseil à des apiculteurs. J’étais dans une phase d’apprentissage intense. C’est rapidement devenu une passion. »

 

CRÉATION DE MIEL DANIZA

Les premières productions de miel ont été destinées à sa famille et à ses proches. Trois ou quatre ans plus tard, des produits de Miel Daniza se sont retrouvés sur les tablettes de quelques commerces en Outaouais, dont chez Fine et Futés de Buckingham, un commerce qui lui a offert sa première chance. « J’ai compris que je pouvais démarrer mon entreprise avec une cinquantaine de ruches. J’étais en mesure de produire un volume de miel suffisant pour la vente dans les points de services et les marchés et foires de la région. »

Ainsi, depuis environ six ans, M. Roy opère son entreprise à temps partiel, lui qui travaille toujours à temps plein dans le milieu de la construction depuis 18 ans. Il consacre tous ses temps libres à la gestion de Miel Daniza.

« Présentement, je ne pourrais pas vivre uniquement de mon entreprise. J’investis beaucoup d’argent dans les équipements nécessaires à l’opération de la miellerie et dans l’achat de ruches. Je n’ai pas encore d’employés, mais mon épouse Mélanie Perreault, ma mère, mon beau-père, mon fils Izaack, âgé de 18 ans, et l’un de ses amis me donnent un bon coup de main. »

 

EXPANSION EN VUE

Clairement, Daniel Roy souhaite consacrer tout son temps à son entreprise d’ici 2023. Son plan de match requiert de nouveaux investissements et il doit décrocher d’autres contrats de vente. « Je veux vivre de mon entreprise, dit-il. Avant d’y parvenir, je dois acquérir de nouveaux équipements et investir dans la miellerie. Par exemple, cette année, j’ai construit un caveau pour les abeilles. J’aimerais également ouvrir une boutique de vente à la miellerie à Notre-Dame-de-la-Salette. Aussi, il me faudra posséder entre 1000 et 1200 ruches et embaucher des employés. C’est mon plan d’affaires pour connaître une expansion importante d’ici quatre ans. »

Un premier pas significatif a été franchi cette année avec la signature d’un important contrat pour la vente en gros de son miel. « C’est la clé pour réussir et pour écouler un fort volume de ma production. Je cherchais à obtenir ce contrat depuis quatre ans et ça s’est concrétisé cette année. La vente en gros, c’est plus simple pour moi. Ce contrat fait partie du projet d’expansion. »

 

DU SOUTIEN PERTINENT

On ne naît pas entrepreneur. Il faut une idée, un projet qui vous anime pleinement. Le parcours pour concrétiser l’entreprise est semblable dans bien des cas. Il est nécessaire de bien s’entourer et d’aller combler ses connaissances dans des domaines bien précis reliés à la gestion de l’entreprise. Daniel Roy l’a fait. Après avoir frappé à la porte d’Emploi Québec, il a été dirigé vers le Centre d’entrepreneurship de l’Outaouais, il y a environ quatre ans, afin notamment de réaliser son plan d’affaires et de suivre des cours dans différents domaines, comme la comptabilité, le marketing et les ventes. Il fréquente toujours le Centre afin de peaufiner ses connaissances.

« Je vais chercher toutes les compétences qui me manquent. C’est incroyable comme j’apprends. Savoir s’organiser, wow, c’est important. En parallèle, je continue à suivre des cours en apiculture », lance Daniel Roy qui ne se considère pas comme un homme d’affaires aguerri mais comme un entrepreneur qui doit continuer à apprendre en suivant des cours et en apprenant de ses expériences. Ce qui lui manque maintenant pour son projet d’expansion, c’est du financement pour l’agrandissement de sa miellerie, l’acquisition d’équipements et l’achat de ruches.

Geneviève Ouimet est coordonnatrice à monGPS, un organisme notamment chargé de diriger les entrepreneurs vers les organismes appropriés dans un projet d’expansion. « MonGPS est le 811 de l’entrepreneur. Il est là pour aider au financement, à l’accompagnement, à la visibilité, à la formation et au réseautage des entreprises, explique Mme Ouimet. Notre objectif est de guider l’entrepreneur au bon endroit pour le besoin à combler et on sera là pour la suite des choses avec Miel Daniza. »

En profitant des services des différents organismes de la région, les entrepreneurs ont aussi la chance d’en rencontrer d’autres qui, souvent, deviennent des clients ou des amis. Par exemple, les cohortes du Centre d’entrepreneurship de l’Outaouais sont propices pour tisser des liens, ce que confirme M. Roy. « J’y ai rencontré un entrepreneur qui produit maintenant toutes les étiquettes de mes produits. Il est devenu mon meilleur ami. »

 

GRANDIR DEVANT CHAQUE OBSTACLE

Miel Daniza possède aujourd’hui 300 ruches. Avec l’approbation des propriétaires des terrains, elles se retrouvent dans des champs le long de la route 309, entre L’Ange-Gardien et Notre-Dame-du-Laus. On parle d’une moyenne de 8 à 10 ruches par champ question d’avoir une production optimale.

Le miel produit est décliné en différentes variétés dont six se retrouvent sur les tablettes de quelques commerces en Outaouais, comme le caramel, le crémeux et les sirops. De nouvelles variétés sont produites en plus petite quantité et seront mises en vente dès que les recettes seront validées et que la production sera suffisante pour garnir les tablettes des commerces. La pollinisation des ruches a aussi été faite au lac St-Jean, près des bleuetières, question de développer une nouvelle variété de miel.

L’homme d’affaires doit aussi composer avec les obstacles naturels qui se dressent devant lui, comme le climat, les virus et autres.

« À chaque année, il y a un obstacle. Ça fait partie du commerce et c’est un défi de tous les instants. L’apiculture, c’est une passion; si tu n’aimes pas ce domaine, il ne faut s’y engager. Est-ce que j’ai un bon sens des affaires, je ne sais pas. Parfois, je me demande ou je m’en vais. Mais j’ai toujours cette flamme qui m’anime et j’adore l’apiculture. En me lançant dans ce domaine il y a dix ans, jamais je n’avais pensé que j’atteindrais les résultats d’aujourd’hui. »

Dans son plan d’expansion, il souhaite que son fils Izaack se joigne à lui pour amener son entreprise encore plus loin au cours des prochaines années. Son prénom est d’ailleurs en partie associé au nom de l’entreprise avec celui de son père. Une vraie passion qui se vit en famille!